{"id":15129,"date":"2020-10-19T12:01:45","date_gmt":"2020-10-19T12:01:45","guid":{"rendered":"http:\/\/irps.or.id\/site\/?p=15129"},"modified":"2020-10-07T10:35:45","modified_gmt":"2020-10-07T10:35:45","slug":"manon-lescaut-abbe-prevost-premiere-rencontre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/irps.or.id\/site\/2020\/10\/19\/manon-lescaut-abbe-prevost-premiere-rencontre\/","title":{"rendered":"Manon Lescaut Abbe Prevost Premiere Rencontre"},"content":{"rendered":"<p>Nous f\u00fbmes re\u00e7us \u00e0 lauberge comme des personnes de connaissance ; on ne fut pas surpris de voir Manon en habit dhomme, parce quon est accoutum\u00e9, \u00e0 Paris et aux environs, de voir prendre aux femmes toutes sortes de formes. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ekladata.com\/pmFNvViPJGL4F1H46js55FgjBgg.jpg\" alt=\"manon lescaut abbe prevost premiere rencontre\" align=\"left\"> Le Nouvel-Orl\u00e9ans, situ\u00e9 \u00e0 lembouchure du Mississipi, est encore alors un immense terrain vague. Labb\u00e9 Pr\u00e9vost 1697-1763 conna\u00eet une gloire imm\u00e9diate et jamais d\u00e9mentie avec Manon Lescaut. Il d\u00e9peint des personnages souvent amoraux, mais qui tendent vers leur repr\u00e9sentation personnelle du bonheur, au travers d\u00e9preuves cruelles qui leur sont impos\u00e9es par la r\u00e9alit\u00e9 sociale. Son art de la narration atteint en apparence des sommets de limpidit\u00e9, alors quil est en.. Quand jaurais eu une prison \u00e9ternelle ou la mort m\u00eame pr\u00e9sente \u00e0 mes yeux, je naurais pas \u00e9t\u00e9 le ma\u00eetre de mon transport \u00e0 cette affreuse nouvelle. Je me jetai sur lui avec une si affreuse rage, que jen perdis la moiti\u00e9 de mes forces.  Citations Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut 1731  Ma belle inconnue savait bien quon nest point trompeur \u00e0 mon \u00e2ge : elle me confessa que, si je voyais quelque jour \u00e0 la pouvoir mettre en libert\u00e9, elle croirait m\u00eatre redevable de quelque chose de plus cher que la vie. Je lui r\u00e9p\u00e9tai que j\u00e9tais pr\u00eat \u00e0 tout entreprendre ; mais, nayant point assez dexp\u00e9rience pour imaginer tout dun coup les moyens de la servir, je men tenais \u00e0 cette assurance g\u00e9n\u00e9rale, qui ne pouvait \u00eatre dun grand secours ni pour elle ni pour moi. Son vieil argus \u00e9tant venu nous rejoindre, mes esp\u00e9rances allaient \u00e9chouer, si elle ne\u00fbt eu assez desprit pour suppl\u00e9er \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 du mien. Je fus surpris, \u00e0 larriv\u00e9e de son conducteur, quelle mappel\u00e2t son cousin, et que, sans para\u00eetre d\u00e9concert\u00e9e le moins du monde, elle me d\u00eet que, puisquelle \u00e9tait assez heureuse pour me rencontrer \u00e0 Amiens, elle remettait au lendemain son entr\u00e9e dans le couvent, afin de se procurer le plaisir de souper avec moi. Jentrai fort bien dans le sens de cette ruse ; je lui proposai de se loger dans une h\u00f4tellerie dont le ma\u00eetre, qui s\u00e9tait \u00e9tabli \u00e0 Amiens apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 longtemps cocher de mon p\u00e8re, \u00e9tait d\u00e9vou\u00e9 enti\u00e8rement \u00e0 mes ordres. Quant \u00e0 lhomme de qualit\u00e9, il nappara\u00eet m\u00eame pas \u00e0 la fin dun r\u00e9cit quil est cens\u00e9 nous transmettre. On sentretint longtemps de la gentillesse de ma figure et de mes heureuses dispositions. On pr\u00e9tendit quil y avait beaucoup \u00e0 esp\u00e9rer de moi, parce quayant quelque chose dans la physionomie qui sentait lhonn\u00eate homme, personne ne se d\u00e9fierait de mes artifices. Enfin, on rendit gr\u00e2ce \u00e0 M. Lescaut davoir procur\u00e9 \u00e0 lOrdre un novice de mon m\u00e9rite, et lon chargea un des chevaliers de me donner, pendant quelques jours, les instructions n\u00e9cessaires. Le principal th\u00e9\u00e2tre de mes exploits devait \u00eatre lh\u00f4tel de Transylvanie, o\u00f9 il y avait une table de pharaon dans une salle et divers autres jeux de cartes et de d\u00e9s dans la galerie. Cette acad\u00e9mie se tenait au profit de M. Le prince de R., qui demeurait alors \u00e0 Clagny, et la plupart de ses officiers \u00e9taient de notre soci\u00e9t\u00e9. Le dirai-je \u00e0 ma honte? Je profitai en peu de temps des le\u00e7ons de mon ma\u00eetre. Jacquis surtout beaucoup dhabilet\u00e9 \u00e0 faire une volte-face, \u00e0 filer la carte, et maidant fort bien dune longue paire de manchettes, jescamotais assez l\u00e9g\u00e8rement pour tromper les yeux des plus habiles, et ruiner sans affectation quantit\u00e9 dhonn\u00eates joueurs. Cette adresse extraordinaire h\u00e2ta si fort les progr\u00e8s de ma fortune, que je me trouvai en peu de semaines des sommes consid\u00e9rables, outre celles que je partageais de bonne foi avec mes associ\u00e9s. Je ne craignis plus, alors, de d\u00e9couvrir \u00e0 Manon notre perte de Chaillot, et, pour la consoler en lui apprenant cette f\u00e2cheuse nouvelle, je louai une maison garnie, o\u00f9 nous nous \u00e9tabl\u00eemes avec un air dopulence et de s\u00e9curit\u00e9. Vient ensuite la place de Des Grieux dans le texte : il est toujours COD des phrases, et se pr\u00e9sente comme passif, victime de la route-puissance de lamour. Il est donc l\u00eatre pur qui ne contr\u00f4le rien et qui subit tout: lamour me rendait d\u00e9j\u00e0 si \u00e9clair\u00e9. Lamour y est pr\u00e9sent\u00e9 comme une divinit\u00e9 qui impose son pouvoir: On ne ferait pas une divinit\u00e9 de lamour, sil nop\u00e9rait souvent des prodiges. Le terme m\u00eame de prodige conf\u00e8re \u00e0 la sc\u00e8ne une impression de surnaturel, qui d\u00e9douane Des Grieux de toute responsabilit\u00e9. On note cependant ici lambivalence du vocabulaire, car si la passion am\u00e8ne la souffrance, \u00e9clair\u00e9 ou prodiges ont \u00e0 linverse des connotations tr\u00e8s positives. Ses pleurs, son discours et le ton dont elle le pronon\u00e7a firent sur moi une impression si \u00e9tonnante, que je crus sentir une esp\u00e8ce de division dans mon \u00e2me. Prends garde, lui dis-je, prends garde, ma ch\u00e8re Manon. Je nai point assez de force pour supporter des marques si vives de ton affection ; je ne suis point accoutum\u00e9 \u00e0 ces exc\u00e8s de joie. \u00d4 Dieu! m\u00e9criai-je, je ne vous demande plus rien. Je suis assur\u00e9 du coeur de Manon. Il est tel que je lai souhait\u00e9 pour \u00eatre heureux ; je ne puis plus cesser de l\u00eatre \u00e0 pr\u00e9sent. Voil\u00e0 ma f\u00e9licit\u00e9 bien \u00e9tablie. Elle lest, reprit-elle, si vous la faites d\u00e9pendre de moi, et je sais o\u00f9 je puis compter aussi de trouver toujours la mienne. Je me couchai avec ces charmantes id\u00e9es, qui chang\u00e8rent ma cabane en un palais digne du premier roi du monde. LAm\u00e9rique me parut un lieu de d\u00e9lices apr\u00e8s cela. Cest au Nouvel Orl\u00e9ans quil faut venir, disais-je souvent \u00e0 Manon, quand on veut go\u00fbter les vraies douceurs de lamour. Cest ici quon saime sans int\u00e9r\u00eat, sans jalousie, sans inconstance. Nos compatriotes y viennent chercher de lor ; ils ne simaginent pas que nous y avons trouv\u00e9 des tr\u00e9sors bien plus estimables. Nous cultiv\u00e2mes soigneusement lamiti\u00e9 du Gouverneur. Il eut la bont\u00e9, quelques semaines apr\u00e8s notre arriv\u00e9e, de me donner un petit emploi qui vint \u00e0 vaquer dans le fort. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/oklahomabenefitsgroup.com\/new\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/tonique-480x438.jpg\" alt=\"manon lescaut abbe prevost premiere rencontre\" align=\"center\"> Expliquez-vous donc, me dit-il : quelle esp\u00e8ce de secours suis-je capable de vous donner si vous vous r\u00e9voltez contre toutes mes propositions? Je nosais lui d\u00e9clarer que c\u00e9tait de sa bourse que javais besoin. Il le comprit pourtant \u00e0 la fin, et mayant confess\u00e9 quil croyait mentendre, il demeura quelque temps suspendu, avec lair dune personne qui balance. Ne croyez pas, reprit-il bient\u00f4t, que ma r\u00eaverie vienne dun refroidissement de z\u00e8le et damiti\u00e9. Mais \u00e0 quelle alternative me r\u00e9duisez-vous, sil faut que je vous refuse le seul secours que vous voulez accepter ou que je blesse mon devoir en vous laccordant? car nest-ce, pas prendre part \u00e0 votre d\u00e9sordre, que de vous y faire pers\u00e9v\u00e9rer? Cependant, continua-t-il apr\u00e8s avoir r\u00e9fl\u00e9chi un moment, je mimagine que cest peut-\u00eatre l\u00e9tat violent o\u00f9 lindigence vous jette, qui ne vous laisse pas assez de libert\u00e9 pour choisir le meilleur parti ; il faut un esprit tranquille pour go\u00fbter la sagesse et la v\u00e9rit\u00e9. Je trouverai le moyen de vous faire avoir quelque argent. Permettez-moi, mon cher Chevalier ajouta-t-il en membrassant, dy mettre seulement une condition : cest que vous mapprendrez le lieu de votre demeure, et que vous souffrirez que je fasse du moins mes efforts pour vous ramener \u00e0 la vertu, que je sais que vous aimez, et dont il ny a que la violence de vos passions qui vous \u00e9carte. Je lui accordai sinc\u00e8rement tout ce quil souhaitait, et je le priai de plaindre la malignit\u00e9 de mon sort, qui me faisait profiter si mal des conseils dun ami si vertueux. Il me mena aussit\u00f4t chez un banquier de sa connaissance, qui mavan\u00e7a cent pistoles sur son billet, car il n\u00e9tait rien moins quen argent comptant. Jai d\u00e9j\u00e0 dit quil n\u00e9tait pas riche. Son b\u00e9n\u00e9fice valait mille \u00e9cus, mais, comme c\u00e9tait la premi\u00e8re ann\u00e9e quil le poss\u00e9dait, il navait encore rien touch\u00e9 du revenu : c\u00e9tait sur les fruits futurs quil me faisait cette avance. Des Grieux va donc trouver le gouverneur pour lui avouer que Manon et lui ne sont en r\u00e9alit\u00e9 pas encore mari\u00e9s, et lui demander dapprouver leur union, celui-ci lui accepte de prime abord. Lh\u00f4tellerie du village, o\u00f9, un jour, descend le fils de M. De G.M. Il 25Les trois livraisons de juin formant un livre troisi\u00e8me pour prendre la suite des deux parties que compte le texte original de Pr\u00e9vost, la livraison du 4 juillet tome X vient offrir un livre quatri\u00e8me o\u00f9 Manon, une nouvelle fois retrouv\u00e9e, fait \u00e0 la premi\u00e8re personne le r\u00e9cit de sa r\u00e9surrection, narration qui sinterrompt \u00e0 la veille de son d\u00e9part pour le Vieux Continent ; la mention La suite au prochain n est suivie de cette note : <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.more.wfcrimewatch.com\/upload\/podcasts\/photos\/first\/5b4878cbd0c874.86664366_mini.jpg\" alt=\"manon lescaut abbe prevost premiere rencontre\" align=\"center\">-Pour les billets achet\u00e9s au Th\u00e9\u00e2tre de Cusset, contacter la r\u00e9gie au 04 70 30 89 47.-Amour subit et puissant : le jeune homme semble sous le charme dun envo\u00fbtement : Elle me parut si charmante enflamm\u00e9 jusquau transport l. 10 \u00e0 15 la promenade anecdotique, banale, en passe-temps, de deux jeunes en vacance. Lauteur est, certes, un abb\u00e9 : il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1726 mais il eut une vie tr\u00e8s aventuri\u00e8re : il voyagea beaucoup, eu des ma\u00eetresses, des dettes, fit de la prison, dut sexiler, et \u00e9crivit une \u0153uvre importante dont la post\u00e9rit\u00e9 ne gardera que Manon Lescaut.  Le chevalier des Grieux lui-m\u00eame disait \u00e9nergiquement, dans un avertissement fort long, que les \u00e9gards dus aux vivants mont oblig\u00e9 de supprimer quoi quil e\u00fbt peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 meilleur que le mien, quil \u00e9tait plus ais\u00e9 de plaire et dint\u00e9resser par un roman que par une histoire ; parce que dans une histoire on \u00e9tait oblig\u00e9 de peindre lhomme tel quil avait \u00e9t\u00e9, et que dans un roman on \u00e9tait le ma\u00eetre de le peindre tel quil doit \u00eatre. Cest tout ce que javais \u00e0 dire, comme \u00e9diteur ; et cest \u00e0 pr\u00e9sent le chevalier des Grieux, devenu comte du qui va parler p. 4-5.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>manon lescaut abbe prevost premiere rencontre<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"hide_page_title":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15129"}],"collection":[{"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15129"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15129\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15130,"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15129\/revisions\/15130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/irps.or.id\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}